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Comprendre son cycle, c’est reprendre la main sur sa vie intime

On nous a appris à supporter nos menstruations et à continuer “comme si de rien n’était”. À rester constantes, productives, disponibles. Pourtant, le cycle menstruel influence bien plus que le saignement : il façonne l’énergie, l’humeur, le désir, l’excitation et la manière dont le corps répond au toucher.


Et en sexualité, comme ailleurs, le savoir, c’est le pouvoir : plus une femme se connaît, plus elle peut comprendre ses variations de libido, ses besoins changeants, ses limites, et les exprimer clairement.


1) Le désir n’est pas linéaire (et ce n’est pas un problème)


Notre société attend une sexualité stable, régulière, prévisible, comme si le désir devait être constant. Or, le corps féminin est cyclique : la libido ne suit pas une ligne droite, elle évolue.


Certaines femmes constatent un désir plus spontané à certains moments, plus réceptif à d’autres, et parfois presque absent, sans que cela ne soit pathologique.


Comprendre cela enlève une grande culpabilité : un désir variable n’est pas un dysfonctionnement, c’est une physiologie.


2) Les phases du cycle : ce qui change dans le corps (et dans l’intime)


Le cycle commence le premier jour des menstruations. Ensuite, les hormones varient, et ces variations influencent aussi des éléments très concrets : position du col, glaire cervicale, lubrification, sensibilité. Résultat : la sexualité peut changer de “texture” d’une phase à l’autre, sans que rien ne soit “cassé”.


  • Phase 1 — Menstruations : relâchement et besoin d’écoute


Pendant les menstruations, le corps est dans une dynamique d’élimination et de relâchement. L’énergie peut être plus basse, le bassin plus sensible. Le col de l’utérus est légèrement ouvert, ce qui peut rendre certaines pénétrations inconfortables pour certaines femmes (et agréables pour d’autres).


Ce que ça peut changer sexuellement :

  • plus de besoin de douceur et de lenteur

  • hypersensibilité pelvienne possible

  • envie de contacts non pénétratifs (ou au contraire désir plus instinctif)


C’est aussi une période où l’intimité peut se vivre autrement : massage, exploration, proximité émotionnelle, sans pression.


  • Phase 2 — Phase folliculaire : retour de l’énergie et curiosité


Après les menstruations, l’énergie revient et la clarté mentale aussi. Le col commence à remonter. La glaire cervicale réapparaît, d’abord discrète.


Ce que ça peut changer sexuellement :

  • désir plus ludique, plus “curieux”

  • envie d’explorer, d’initier, d’essayer

  • corps progressivement plus réactif


  • Phase 3 — Ovulation : ouverture, fluidité, réponse facilitée


Autour de l’ovulation, les œstrogènes atteignent un pic. Le col est plus haut, plus souple, plus ouvert. La glaire cervicale devient abondante, fluide, lubrifiante. Concrètement, cela peut rendre la pénétration plus confortable, la lubrification plus naturelle, et le désir plus spontané.

Certaines études évoquent aussi des changements subtils (odeur corporelle, voix, apparence cutanée) à cette période, participant parfois, de façon inconsciente, à la dynamique d’attraction.


Ce que ça peut changer sexuellement :

  • lubrification souvent plus facile

  • sensation de fluidité, d’ouverture

  • désir plus spontané chez certaines femmes

  • sensibilité érogène parfois accrue


  • Phase 4 — Phase lutéale : retour vers l’intérieur et besoin de sécurité


Après l’ovulation, la progestérone augmente. Le col redescend, devient plus ferme. La glaire diminue et l’environnement vaginal peut sembler plus sec.


Ce que ça peut changer sexuellement :

  • besoin de plus de stimulation pour la même lubrification

  • désir moins spontané, plus contextuel

  • importance de la sécurité émotionnelle

  • recherche d’une intimité enveloppante plutôt que performative


Ce n’est pas une baisse “anormale” de libido : c’est une transition. Beaucoup de tensions de couple naissent quand l’un fonctionne de manière linéaire et l’autre de manière cyclique : sans connaissance du cycle, ces variations sont facilement mal interprétées.


3) Connaissance de soi = sexualité plus libre


Plus une femme connaît ses moments d’ouverture, ses moments de retrait, ses besoins de stimulation, ses variations de lubrification et ses seuils de sensibilité, plus elle peut communiquer clairement. Elle peut dire : « Aujourd’hui j’ai envie », « Aujourd’hui j’ai besoin de douceur », « Aujourd’hui je préfère qu’on se rapproche autrement ».

Comprendre le col, la glaire et les variations hormonales, ce n’est pas médicaliser la sexualité : c’est lui redonner du sens. Et utiliser un lubrifiant n’est pas un aveu de dysfonctionnement : c’est un outil d’intelligence sexuelle, utile à toutes les phases du cycle.


4) Reprendre la main : observer, comprendre, choisir


Observer son cycle, c’est aussi observer son désir : remarquer quand il monte, quand il change de forme, quand il se tait. On ne subit plus ses variations, on les comprend, et quand on comprend, on choisit.


Dans un monde qui valorise la constance, accepter sa cyclicité est un acte d’autonomie. Et dans l’intime, cette autonomie change tout : une femme qui connaît son corps n’est pas instable, elle est informée — et une femme informée est une femme libre.



Je suis Audry Patigny, sexologue et intimologue et j'accompagne les femmes dans leur intimité.

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